Proposition pour la formation et l’emploi des jeunes ultramarins

Dans nos territoires d’outre-mer, les jeunes « restés sur place » sont en majorité sans emploi et pâtissent d’un manque de formation, souvent avancé comme motif de leur non employabilité.

Leur choix de vivre sur le territoire où ils ont grandi et où vivent leurs parents ne doit pas être perçu comme un « a priori » contre leur intégration dans la vie professionnelle dans certains milieux où il est souvent plus préférable de recruter une personne venue d’ailleurs.

Afin de donner une véritable égalité de chances à ces jeunes « autochtones », de s’insérer dans la vie professionnelle et de se donner une situation socialement reconnue, une véritable réforme de l’insertion doit être envisagée.

Elle consistera, à l’instar de ce qui avait été pressenti dans la LOOM (loi d’orientation pour l’outre-mer), à permettre aux jeunes (de 16 à 30 ans) peu qualifiés et sans emploi, d’être recrutés dans les entreprises locales occupant au moins un salarié âgé au minimum de 57 ans.  Chaque jeune ainsi employé devra se retrouver en tutorat-formation pendant 5 ans; c’est-à-dire jusqu’à l’âge légal de départ à la retraite de son tuteur, soit 62 ans.

Les entreprises bénéficiaires seront celles relevant des secteurs de métiers en tension tels que recensés par Pôle Emploi.

Le dispositif pourra s’appuyer sur les aides à la formation de Pôle Emploi et d’une aide spécifique régionale pour la formation des adultes. Tout « l’arsenal » réglementaire préexistant devra être renforcé par un décret interministériel spécifiant la durée exceptionnelle du dispositif ainsi que les prérequis particuliers qui auront à s’appliquer. Dans le même cadre, les entreprises qui feront l’effort d’embaucher un jeune relavant de ce dispositif, percevra une aide publique à définir entre l’État et la Région, soit au titre de la formation, soit au titre de l’emploi. Cette aide sera versée annuellement à chaque validation de la formation acquise par le personnel concerné.

Cette proposition de formation et d’emploi dans les métiers en tension permettra de pérenniser les activités des entreprises bénéficiaires et leur développement, favorisera la continuité des qualifications tout en garantissant une création d’emplois durables.

Bien évidemment, ce n’est que dans un cadre réglementaire clairement défini qu’un pareil dispositif peut engendrer des conséquences certaines car les moyens similaires existent auprès du Service Public de l’Emploi et son agence du même nom Pôle Emploi. La mise en œuvre de ces moyens reste très timoré et trop sélectif devant l’ampleur du chômage de masse des jeunes ultramarins.  L’utilisation des moyens dont dispose Pôle Emploi reste trop restrictive et se dispense avec trop de parcimonie.

L’incitation accordée aux entreprises (qui sont pourvoyeuses d’emplois) est quasi inexistante avec des critères si draconiens que ces mêmes entreprises préfèrent systématiquement refuser d’accueillir un personnel insuffisamment qualifié par rapport à ses activités.

Cette proposition de formation emploi des jeunes dans les territoires ultramarins est la seule option pour permettre à toute cette population de garder un espoir de vie professionnelle et sociale sur sa terre natale.  Les pouvoirs publics ne pourront pas indéfiniment inciter les jeunes de ces territoires à s’expatrier vers d’autres horizons. La mobilité géographique et professionnelle a également ses limites et il n’est pas pensable d’imposer à toutes les futures générations un exode en guise de destin. L’aide à la continuité territoriale est devenue un leurre pour tenter les ultramarins. Sans dénier son utilité, sa distribution devrait être conditionnée en regard d’une situation d’emploi pour les actifs.

L’effort des pouvoirs publics pur amorcer un dispositif tel que décrit ci-devant reste très faible s’il s’appuie sur les moyens existants du Service de l’Emploi.  Cela reste une volonté politique de vouloir résorber en partie le chômage des jeunes !

Jean-Pierre FRAUMENS (LA RÉUNION)

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Commentaires (2)

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  1. Bernard Devienne

    Tout à fait d’accord : c’est un sujet central quand on ambitionne un développement Ce n’est pas un problème de dispositif mais de politique qui ose attaquer les problèmes de fond plutôt que de se contenter de leurs conséquences, à moindre risque.
    Mais c’est aussi remettre la solidarité dans nos territoires « isolés » au premier plan.
    Ainsi au lieu de remplacer les contrats aidés par encore et toujours des formations dont on se demande sur quoi elle peuvent déboucher hormis l’expatriation, on devrait – dans les DOM – instaurer un quota obligatoire de contrats d’apprentissage dans toutes les entreprises (à partir de 10 salariés par ex.), y compris dans les collectivités et services publics, avec un accompagnement en parrainage (interne, externe, retraités…) soutenu financièrement.
    C’est tout un mode regarder, de penser, de vouloir, de prioriser qu’il faut bousculer et libérer au-delà du cercle fermé et autocentré des « gens de pouvoir » et au-delà des logiques paralysantes de mandatures.

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