A propos de la sécurité routière en Polynésie française

De nombreux morts sont dénombrés chaque année sur nos routes en Polynésie avec un certain nombre d’enfants mineurs : au-delà des causes malheureusement habituelles, alcoolisme, vitesse, fatigue, …, il y a des facteurs qui ne sont pas anodins :

La responsabilité parentale et l’éducation, quand on voit des enfants en jeune âge trainer seuls en bord de route ou sur des vélos la nuit sans éclairage ; j’ai vu personnellement une fois un enfant de moins de six ans traverser seul la route, et après m’être arrêté je me suis demandé si je n’allais pas porter plainte à la gendarmerie pour non-assistance familiale à enfant en danger. De même quand on voit ce qui se passe les mercredis après-midi sur Papeete, ou une multitude d’enfants mineurs trainent en ville sans adultes avec eux au lieu d’être chez eux et faire leurs devoirs, on peut s’interroger. Par ailleurs, il n’y a pas quasiment pas de gendarmes pour les surveiller et surtout pour contrôler leurs papiers (CNI). Au-delà, la présence de gendarmes serait certainement sécurisante pour l’ensemble de la population, et pour les touristes présents en ville.

Il y a d’autres responsabilités : en général l’absence de trottoirs, les bordures de routes étant souvent herbeuses, plus ou moins entretenues, ce qui amène les polynésiens à se déplacer en bordure de route. Des vrais trottoirs (en matériaux antidérapants) permettraient aux populations de se déplacer sans risque majeur. De mêmes les pistes cyclables devraient être bordées. Pour ce qui est trottoirs existants notamment sur Papeete, ils sont mal entretenus, souvent glissants, ou utilisés soit pour des commerces ou comme en face de la gare maritime, servent de parking voitures non sanctionnées, ce qui force le piétons à se déplacer sur la route. Inutile de dire que les trottoirs sont peu prévus pour les personnes handicapés.

Il y a aussi le marquage central et en bordures des routes qui, en dehors de Papeete et de ses communes proches sont souvent en partie effacés, ce qui peut amener des erreurs dans les dépassements et rendent la conduite de nuit peu sure surtout quand il pleut. Quant à l’entretien des routes il est variable en fonction des zones et communes, et peut-être facteur d’accidents et détérioration des véhicules : je prendrais pour exemple la route pour se rendre au lycée professionnel St Joseph à Punaauia : pas de trottoirs pour que les élèves qui circulent à pied le fassent et sécurité, voirie en état catastrophique avec des trous énormes réduisant la route à une petite voie sur une partie de la route, ce qui doit limiter les transports en communs et scolaires, et ce qui amène pas mal de lycéens à monter et descendre la route à pied, le lycée étant en hauteur en montagne : il faut faire des caniveaux adaptés et refaire la route en positionnant des trottoirs adéquats. Merci pour ces jeunes lycéens.

Au-delà, des efforts de communication pour éduquer et informer la population : il y a des affiches très bien faites au service des transports terrestres qui devraient être diffusés dans toutes les écoles et mairie : pour exemple, l’affiche sur l’obligation de passer à pied sur les passages piétons avec le vélo ou une mobylette ou un scooteur à côté du conducteur. Ou les deux roues ne peuvent dépasser un véhicule sur une ligne continue. Il n’y a qu’un code de la route en France, et des clips sur ces informations pourraient être émis globalement dans tous les territoires un clip polynésien pouvant être diffusé dans les autres outremers et vice-versa (mutualisation).

Jean Goguenheim (Polynésie française)

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